01 novembre 2024

Trans/Post-humanisme : Le dogme des malins ou des crétins


L'immortalité et rien de moins ! Voilà ce que nous promettent ces soi-disant transhumanistes tel le Dr Laurent Alexandre, médecins et chirurgien de son état, au moyen des progrès technologiques et scientifiques et surtout grâce à l'intelligence artificielle qui, selon le médecin, dépassera la pensée et l'intelligence humaines au cours des dix prochaines années. La mort biologique ne serait alors plus qu'une option parmi les pathétiques et illusoires promesses d'immortalité vantées par ce Deus ex machina. Et comme se plaisait à le dire le cinéaste Woody Allen: "L'éternité, c'est long, surtout vers la fin". C'est dire si cette immortalité promise pourrait être d'un ennui à mourir à un point tel où le comble de l'ironie serait qu'on ne puisse plus s'en sortir autrement que par le suicide. Si on y ajoute que la plupart de nos immortels se verrait contraint de supporter sempiternellement le poids de leurs injustices et les stigmates physiques et psychiques du vieillissement, ce voyage sans fin pourrait davantage ressembler à une sorte d'aller simple en enfer qu'à une sinécure. Or, à bien y réfléchir (l'IA peut-elle en faire autant ?), la certitude de savoir que nous sommes mortels devrait plutôt nous réconforter, même si de prime abord cela paraît contre-intuitif. Car, c'est bien la finitude de l'existence qui élève la condition humaine, nourrit de nouvelles espérances et permet de s'affranchir définitivement d'un martyre ou d'un ennui interminables. Selon Arthur Schopenhauer (philosophe du XIXème siècle), "exiger l'immortalité de l'individu signifie en réalité vouloir perpétuer à l'infini une erreur". Car, la mort c'est d'abord cesser d'être ce que l'on est pour changer en entier et être transporté dans un autre monde. Et, les transhumanistes qui ne l'auraient pas encore compris sont des crétins. Quant aux autres, ils savent parfaitement exploiter l'anxiété existentielle qu'inspire la mort et ses répercussions sur les sociétés humaines pour en retirer pouvoir et richesses, eux qui promettent d'euthanasier cette finitude naturelle en constituant une gérontocratie qui n'en finirait pas de vieillir. Mais de quel humanisme parle-t-on exactement quand on sait par avance que ces progrès scientifiques ne sont destinés qu'à améliorer la santé d'une infime minorité de ploutocrates de ce monde: les puissants botoxés, les nantis liftés, les riches augmentés, ceux-là même qui ne verront aucune indécence à vivre dans leur tour d'ivoire isolée et protégée de l'immense majorité d'une population indigente, en proie aux inégalités sociales, luttant pour sa survie et n'ayant même pas accès aux soins médicaux de base ?

L'IA pourra-t-elle se doter d'une conscience si les post-humanistes prétendent qu'elle pourrait dépasser son Créateur tant dans ses qualités que ses défauts ? Saura-t-elle alors le surpasser en amoindrissant ses vices et en sublimant ses vertus ou, au contraire, précipitera-t-elle l'humanité toute entière dans son plus grand malheur, sans remords, ni états d'âme ? Et, voilà que les post-humanistes tentent de nous rassurer en affirmant que l'IA deviendra la mémoire universelle de l'humanité en se substituant à nos neurones défaillants et forcément sénescents. Ah bon ! Mais, cette intelligence collective existe depuis plusieurs millénaires. Elle a commencé avec l'invention de la parole, s'est poursuivie avec les graffitis rupestres de notre ancêtre Cro-Magnon pour parvenir enfin à l'écriture. Et, elle n'a jamais eu besoin du moindre micro-processeur pour se développer, car elle ne repose sur aucun artifice. C'est juste une alliance de génies naturels formant une symbiose entre la transmission génétique et ce que les sociétés humaines savent faire de mieux: l'art, la culture et l'éducation. Le jour où Elon Musk pourra mettre, comme il le prétend, des implants artificiels dans la tête de ses gosses pour qu'ils soient moins bêtes que l'IA (ce qu'il se dispense évidemment de faire pour lui-même), cela signera l'arrêt de mort de cette Humanité. Et, à titre personnel, peu m'en chaut de savoir ce qu'il adviendra après. Le Dr Alexandre veut être le héraut du post-humanisme. Mais, n'est-il pas tout simplement et à son insu le parfait Cassandre technocratique d'un «post lux tenebras» effrayant qu'il faut éviter à tout prix ?

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