29 novembre 2024

Trump II: Guerre larvée autour de la protection de l'enfance (2/2)


Et si finalement le trumpisme de base et le clivage irréductible qu'il déclenche dans la société américaine ne trouve pas aussi sa racine dans cette controverse profonde qui existe depuis un certain temps déjà à propos de la façon d'éduquer les enfants : D'un côté, un personnel enseignant (instituteurs, bibliothécaires, psychologues, voire médecin, etc. ) qui, sous prétexte de défendre l'identité sexuelle ou culturelle des chérubins veut initier les écoliers à des sujets qu'ils ne sont de toute évidence pas en âge de comprendre et n'ont donc pas la maturité psychologique et affective de faire des choix comme par exemple celui de remettre en question le genre donné à la naissance. De l'autre, des parents médusés qui doivent assister dans le cadre de l'école à des conférences sur l'éveil à la culture woke dispensé de surcroît par des Drag Queen en chair et os, soit des avatars de clown ou travesti qui, pour le coup, vous passent définitivement l'envie de rire. Il est vrai que le pays dans son évolution historique, scientifique et économique à toujours eu, vu d'Europe, la réputation d'être une société avant-gardiste et de s'enorgueillir: un pays où la liberté d'expression est sacrée et protégée par la Constitution. Mais, il n'est pas nécessaire d'être particulièrement futé pour comprendre que l'exercice d'une telle liberté peut comporter des excès qu'aucune société libre et démocratique ne saurait acceptée, spécialement quand l'intérêt de l'enfant dans son développement psychologique, voire physique, est menacé. Si l'école publique doit protéger l'enfant de toute discrimination, elle n'a pas à être le thuriféraire de la cause LGBTQIA+ en abordant des sujets personnels et intimes sur lesquels les écoliers n'ont pas de maturité suffisante pour se déterminer. Hors du cadre scolaire, cette limite est clairement posée dans le domaine du cinéma où un âge minimum doit être requis pour qu'un spectateur mineur puisse comprendre et assimiler raisonnablement le contenu projeté. On retrouve les mêmes limites pédagogiques sur internet avec le dispositif du contrôle parental. Alors pourquoi donc les parents américains devraient-ils tolérer que les problèmes de genre qui touchent à la sexualité future d'un enfant soient abordés à un âge inadapté qui risque d'occasionner des troubles psychologiques importants ?

Il est sans doute heureux que la cause LGBTQIA+ ait pu gagner en visibilité ces dernières années et qu'elle ait pu dans certains pays accéder à des droits juridiques "égalitaires" à ceux du mariage, même si l'on devine aujourd'hui que le but ultime était surtout de prétendre à des droits parentaux tels la GPA et qu'à ce titre il eût été plus prudent et consensuel de ne point faire d'amalgame sémantique avec le mariage traditionnellement hétérosexuel. Mais, cette cause, quand elle n'est pas marginale, demeure très minoritaire en proportion réelle de la population. Et, on ne voit pas au nom de quel intérêt sociétal supérieur, il y aurait une quelconque justification à faire du prosélytisme scolaire dans cette matière, encore moins lorsqu'il s'agit de mettre en cause l'identité sexuelle d'un enfant. Au fond, le problème de la société américaine n'est-il pas d'abord et plus simplement celui de ses outrances forcément vulgaires et préjudiciables, notamment lorsque ce sénateur du Missouri, Rick Brattin, n'accepte pas à raison que ces enfants soient manipulés à l'école par la culture woke, mais n'hésite pas à leur faire prendre publiquement la pose en famille avec chacun un fusil mitrailleur dans les mains dans un pays où les homicides par arme à feu sont les plus élevés au monde par habitant ? (lire l'article du 3 juin 2022: Trump et la NRA veulent armer les profs)

1 commentaire:

  1. Anonyme29/1/25

    Le reportage d'Arte "La guerre des livres" a été retiré de sa plateforme et de toute publication, ce qui est regrettable. L'auteur n'a pas eu d'autre choix que de le remplacer par un reportage plus court de France télévision.

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