Dans un monde où les consciences sont de plus en plus troublées et qui favorise l'émergence de forces radicales, que ce soit dans la protection du pouvoir d'achat notamment par l'application de politiques migratoires toujours plus restrictives, ou encore dans le combat qui s'oppose à la croissance économique pour une préservation du climat, ou enfin dans la propagation d'un radicalisme religieux chez les plus désespérés, nos élites intellectuelles semblent ne plus savoir à quel saint se vouer. Lorsqu'en 1989 le rideau de fer s'est disloqué, on pensait à juste raison que le capitalisme avait mis à terre définitivement l'idéologie communiste après soixante-dix ans de lutte irréductible entre les deux blocs. Désormais, la mondialisation économique allait œuvrer et sonner la fin de l'Histoire. Mais, c'est une toute autre partie qui s'est jouée depuis. Les anciens pays communistes et les non-alignés ont fait leur mue. S'ils ont tous compris l'intérêt pécuniaire qu'il y avait à adopter le modèle capitalistique occidental, un grand nombre n'ont pas accepté de partager le pouvoir politique pour devenir des démocraties, soit pour des motifs d'enrichissements personnels de leurs dirigeants (Russie), soit encore pour des motifs idéologiques (Chine), soit encore pour des motifs identitaires et religieux (pays du Golfe) aux seules fins de maintenir des autocraties toujours plus puissantes. Ce contre-modèle de capitalisme sans démocratie est précisément le danger et la part obscure qui créent tant de difficultés aux démocraties européennes depuis une vingtaine d'années:
- L'islamisme radical, autrefois financé par les pétromonarchies, qui explique en grande partie les flux migratoires résultant des Printemps arabes qui, à l'origine, voulaient pourtant se libérer de l'oppression de leurs potentats;
- La guerre en Ukraine qui n'est que la résurgence de l'impérialisme russe visant à restaurer sa sphère d'influence au temps de l'URSS, avec aujourd'hui la complicité active de l'administration Trump qui se moque ouvertement du respect du droit international avec ses nouvelles velléités d'annexion projetées sur le Canada, le Groenland et le Panama;
- Le changement climatique qui dérègle durablement notre planète et impose toute sorte de calamités (cyclones, incendies, inondations, désertifications, etc.) à un rythme exponentiel si rien n'est fait pour réguler mondialement ce capitalisme idéologique devant lequel, prostrés, nous continuons à nous prosterner.
Comment s'étonner alors que les démocraties sont à ce point malades jusqu'à soutenir des partis populistes qui ne font qu'entretenir la haine des étrangers. Jadis, on ne craignait pas de qualifier ces partis de xénophobes ou racistes. Aujourd'hui, l'étranger redevient la menace alors que paradoxalement l'histoire du monde a toujours été faite de migrations et continuera à l'être inexorablement au vu des courbes démographiques qui impactent les cinq continents, ce qui démontre bien que les partis populistes ne font qu'utiliser de bonnes vieilles recettes démagogiques pour faire le plein de voix, gagner les élections et ensuite ne plus lâcher le pouvoir, tel le tribun Viktor Orban en Hongrie.
D'ailleurs, il est édifiant de constater que la haine de l'étranger se fonde principalement sur la criminalité étrangère et sur des faits divers, certes parfois terrifiants, mais qui ne cessent d'alimenter le discours politique de façon trompeuse. Car, de deux choses l'une: Soit les lois pénales et administratives sont mal faites et il revient aux politiques de permettre à l'institution judiciaire et à l'État de faire correctement son travail en expulsant définitivement tous les criminels étrangers, de surcroît dangereux, et en le faisant savoir, tout en rappelant qu'une société humaine sans crime (même en excluant les étrangers) a toujours été, est et restera une utopie. Soit les lois sont bien faites et respectées, mais les faits divers sont instrumentalisés pour effrayer le bon peuple et obtenir son suffrage en promettant de façon illusoire de faire mieux (cf. les quelques charters que Trump a rempli de travailleurs clandestins innocents et, pour le coup, malchanceux afin de donner l'illusion de tenir ses promesses devant ses électeurs MAGA alors que parallèlement la population migrante aux USA se compte par millions et que l'économie nationale ne peut s'en passer). C'est ainsi qu'on arrive à stigmatiser la population étrangère composée pourtant quasi exclusivement de gens honnêtes et travailleurs qui souvent acceptent à des conditions très précaires des petits boulots ingrats et éreintants que les chômeurs "bien de chez nous" répugnent à accomplir. Une fois les élections gagnées, ces partis populistes n'hésitent plus à faire vibrer la corde nationaliste et ses vils instincts en désignant dans la population étrangère des boucs émissaires, fondés le plus souvent sur l'origine, la race, la religion (voire toute autre symbole identitaire) pour continuer à effrayer le bon peuple et se maintenir au pouvoir. (Défense européenne: comment immigration et acculturation peuvent devenir des forces décisives ?)
Si les électeurs sont disposés à élire de tels dirigeants immoraux et donc dangereux, ils sont également disposés à accepter toute dérive démocratique qui les conduirait vers un fascisme de fait tel qu'en rêvent les trumpistes et les libertariens notamment incarnés par la figure de proue du milliardaire Elon Musk. Preuve en est qu'au faîte de sa gloire, l'hubris de ce dernier est tel qu'il demeure le seul autiste Asperger (à moins qu'il ne s'agisse encore d'une fake news au vu des troubles socio-comportementaux qui affectent généralement ces individus et dont Musk ne semble absolument pas souffrir) à oser publiquement faire un salut qui s'apparente à celui des nazis, tout en soutenant ouvertement l'extrême-droite allemande qui cherche à déconstruire l'Europe, à la diviser et à sortir de la zone euro au nom d'un vieux slogan nauséabond: "Deutschland über alles". Demandez aux anglais ce qu'ils pensent aujourd'hui de leur Brexit et de l'ingérence russe qui l'a précédé au temps du "Londongrad"! Un véritable cauchemar pour l'UE, mais un rêve éminemment attrayant pour des mégalos comme Musk, Trump et Poutine. Et si, à Dieu ne plaise, l'extrême-droite allemande (AFD) devait un jour remporter les élections, pour sûr qu'on fera valoir la figure de Charlot dans son film "Le vagabond" (1915) pour remettre au goût du jour la petite moustache "brosse à dents" qui fit "fureur" au plus grand désespoir de l'illustre acteur et musicien britannique.
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