Au moment où il nous faut commémorer le pogrom du 7 octobre 2023 et nous recueillir sur les centaines de victimes innocentes des exactions génocidaires du Hamas qui, ironie funeste, s'en est pris assurément aux israéliens les plus conciliants et les plus empathiques à leur cause, soit des jeunes qui n'aspiraient qu'à la paix entre les deux peuples et ne faisaient que festoyer joyeusement, tout à l'opposé de la mentalité des colons juifs orthodoxes implantés en Cisjordanie qui, pour les plus fanatiques d'entre eux, ne cherchent qu'à restaurer le "Grand Israël" biblique et pour le coup vouloir une terre qui va bien au-delà de celle de la Palestine historique du fleuve Jourdain à la Mer Méditerranée, ce reportage détaille scrupuleusement les événements des vingt dernières années qui démontrent rétrospectivement et à l'évidence les torts amplement partagés des deux belligérants qui n'ont cessé d'agir contre la solution à deux États, pourtant décidée par la Communauté internationale et voulue à l'époque tant par le 1er ministre israélien Yitzhak Rabin que par le chef de l'organisation de lutte pour la Palestine Yasser Arafat, comme cela fut convenu dans les accords d'Oslo de 1993. Et pour cause. Yitzhak Rabin ne verra jamais se concrétiser la solution à deux États puisqu'il fut assassiné deux ans plus tard par un juif ultra orthodoxe. Quant à Yasser Arafat, il exercera l'autorité palestinienne jusqu'en 2004, année de sa disparition après avoir été empoisonné au polonium par son entourage.
Hélas, c'est le triste sort que l'on réserve aux hommes politiques «faiseurs de paix» au Proche-Orient. Déjà en 1981, le président égyptien Anouar el-Sadate fut assassiné par un membre du Jihad islamique pour avoir conclu les accords de paix de Camp David en 1978 avec l'israélien Menahem Begin. Après cet immense gâchis diplomatique, il n'en fallut pas plus pour que les fanatiques des deux bords prennent le dessus et se transforment en va-t-en guerre: Le Hamas en niant l'existence de l'État hébreux, en brisant l'unité du peuple palestinien pour se dissocier du Fatah et tomber dans les travers de l'intégrisme religieux; le gouvernement de Netanyahu pour avoir favorisé cette division, affaibli la cause palestinienne et repoussé aux calendes grecques toute solution à deux États aux seules fins de poursuivre cyniquement sa colonisation de la Cisjordanie. Aujourd'hui, Israël, plus que les trois "H" que sont le Hamas, le Hezbollah et les Houthis, se retrouve rétrospectivement face à ses propres démons, soit d'avoir choisi le conflit permanent en arguant prétendument de sa survie alors qu'il n'a fait qu'assouvir une politique de colonisation de la Cisjordanie durant ces quinze dernières années. Si Israël se prévaut d'être une véritable démocratie laïque, à l'inverse du Hamas, il se doit de faire son examen de conscience et trancher ce lourd dilemme entre la solution à deux États ou sa politique de colonisation, voire d'expansion, autrement dit entre une paix durable ou une guerre perpétuelle avec ses voisins. Mais, il se pourrait bien que face à la menace croissante et généralisée de l'islamisme dans cette région du monde qui a pour effet de brouiller toujours plus la légitime et véritable cause historique et politique des palestiniens, ce choix ne soit plus possible et qu'une guerre hybride de "civilisations" soit déjà engagée et dont l'intensité dépendra aussi du résultat de la prochaine élection présidentielle américaine. Non pas une guerre de la culture judéo-chrétienne contre celle des musulmans comme on tentera de nous le faire accroire. Mais, avant tout, un combat des Démocraties laïques et des Lumières contre un fascisme et un fanatisme religieux des ténèbres. Et l'embryon d'un État palestinien de se voir à nouveau sacrifié sur l'autel des impérialismes dominants.