Tout commence par une banale rencontre amoureuse entre Nicolas, cantonnier, et Alicia, infirmière, habitant tous deux dans le Pas-de-Calais. Les deux tourtereaux s'entendent suffisamment bien pour déclarer leurs fiançailles le jour de la Saint-Sylvestre 2023. Puis, pour des raisons non éclaircies, Nicolas s'aventure sur Facebook et fait la connaissance d'une certaine Béatrice Leroux, habitant Brest, avec laquelle il noue peu à peu une passion enflammée qu'il ne révèle évidemment pas à sa fiancée. La belle Béatrice promet monts et merveilles au point que Nicolas ne résiste pas à lui envoyer de l'argent en dépit de son maigre salaire de cantonnier. Il souhaite évidemment la rencontrer. Mais, sa nouvelle dulcinée se fait tant et tant désirer que Nicolas ne voit pas d'autre solution pour vivre sa parfaite idylle sans contrainte que d'envisager l'élimination physique d'Alicia. Il commet une première tentative par empoisonnement. Mais, la fiancée, devenue un obstacle à son bonheur, ne succombe pas. Alors, un beau matin, il simule un cambriolage dans la demeure conjugale et tue la promise à coup de couteau et de marteau. Comme il fallait s'y attendre, les enquêteurs ne croient pas une minute à la version du cambriolage qui aurait soi-disant mal tourné. Ils investiguent plus à fond la téléphonie de Nicolas et tombent sur la relation que ce dernier entretient avec la sulfureuse Béatrice Leroux pour découvrir finalement que l'amante en question n'existe pas. Elle ne fut que le fantôme parfait sorti de l'imagination d'un brouteur africain spécialisé dans l'arnaque aux sentiments.
Nicolas, cantonnier de son état, n'a certainement jamais vu le film du réalisateur Dominik Moll "Seules les bêtes" sorti en 2019 et qui est une adaptation d'un roman de Colin Niel. Et son auteur de n'avoir certainement jamais envisagé qu'un jour la réalité pût rattraper et dépasser aussi tragiquement son œuvre de fiction. Où quand le virtuel (Facebook, fake news, deepfakes, fermes à trolls, etc...) peut transformer des individus en fous dangereux avant qu'ils ne se fracassent sur le mur des réalités. Comme le disait le poète Pierre Reverdy, disparu le 17 juin 1960: "Il n'y a pas d'amour. Il n'y a que des preuves d'amour" (réciproques comme de bien entendu).