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28 juin 2024

«In God we trust»


Qui n'a pas eu ce petit bout de papier vert dans les mains une fois dans sa vie ? Parmi eux, combien se sont rendus compte que la plus petite coupure de la plus grande puissance économique au monde invoque sans équivoque le pouvoir divin: «In God we trust». Notez bien que le verbe employé n'est pas "to believe" comme on pourrait s'y attendre en pareille situation, mais "to trust", ce qui nous rapproche d'une notion plus axée sur la confiance que sur la croyance! Normal, me direz-vous pour un billet de banque, puisque l'essentiel n'est-il pas que ce billet et sa valeur fiduciaire légale inspirent la confiance aux agents économiques pour ne pas troubler les échanges commerciaux entre eux? D'accord, mais, que vient faire Dieu la dedans ? Pourquoi les État-Unis d'Amérique n'invoque t'ils pas par exemple leur Constitution: "The Constitution of the United States of America protects this note."

Pour la petit histoire, il faut savoir que le Congrès américain a adopté en 1956 une loi prévoyant que les mots “In God we trust” seraient désormais la devise nationale des États-Unis et figureraient sur tous les billets de banque. En pleine guerre froide avec l'Union des Républiques socialistes soviétiques (U.R.S.S.), les États-Unis voulaient souligner par l'adoption d'une telle devise leur attachement aux valeurs religieuses chrétiennes par opposition au communisme athée, quand bien même Église et État de droit demeurent séparés par la laïcité inhérente à toute démocratie digne de ce nom.

Aujourd'hui, le péril rouge que représentait l'U.R.S.S. a disparu pour se métamorphoser en simulacre de démocratie (démocrature), ou pire encore, en oligarchie et kleptocratie et où la pratique religieuse n'est plus bannie, mais au contraire réhabilitée comme instrument de propagande politique par des dignitaires religieux inféodés aux pouvoirs de l'argent, tels le patriarche de Russie ou la République des mollahs en Iran. Lorsqu'on sait que tout ces régimes ne tiennent que par et pour la corruption et que jusqu'à dix pour cent de la masse monétaire en circulation dans le monde correspond à de l'argent sale, que peut bien vouloir encore signifier une devise comme "In God we trust" imprimée sur tous les billets de banque de la plus grande puissance économique qui pourtant ne cesse d'affirmer son attachement aux valeurs chrétiennes ? Car, il est dit dans Mathieu 6.24 : «De Dieu ou de l'Argent, nul ne peut être au service de deux maître à la fois.» Avec une telle devise inscrite sur ses dollars, l'Amérique se vit-elle encore comme une réelle démocratie ou n'est-elle pas devenue une vulgaire ploutocratie, n'en déplaise au message apostolique qui refuse à jamais que l'Argent ne soit l'égal de Dieu ? Finalement, le plus cinglant avertissement que les chrétiens américains pourraient adresser à tous les prévaricateurs de ce monde serait de révolutionner leur devise actuelle par : «God or mammon (money), no one can serve two masters.»